Tentative de présentation

Depuis quelques années, elle se bat avec les mots, les formes et les couleurs. Elle cherche à s’approcher davantage d’elle-même. Elle s’accroche.
Elle a recours à la mémoire, le recul temporel lui permet de mieux cerner. Elle porte quelques traits conservés dans sa mémoire, elle en fait des portraits… Ça lui plait de vivre mille vies sans qu’aucune ne corresponde à celle vécue. Jamais la même, et pourtant des points d’incidences partout.
Des ressemblances dansent tout autour d’elle.
Elle n’invente pas des personnages pour ses histoires, elle recourt plutôt à un sujet qui possède déjà son existence propre. Elle transpose. C’est un point de départ, qui lui permet d’asseoir ses récits ; ensuite, elle oublie les événements...
Elle exprime aussi ce que le quotidien offre : la réalité parfois tellement écorchée de fiction. Tenter de saisir le plus sincèrement ce qui fait face, auquel la tendance pousse à faire dos…ou tête.
Pas de révoltes mais juste une énonciation.
Agir ainsi.

Tout à coup, on se rappelle, des images surviennent.
Avec ou sans raison, elles sont mises de côté,
parfois oubliées et parfois non.
Ressuscitées comme par miracle, elles sont autres de par les transformations dues au temps. Elles subissent le temps, elles subissent les changements qu’on leur inflige. La renaissance tient de la négation de l’oubli, de la présence de la mémoire chez les hommes.
On se déshabille, on est nu. Face. Face aux autres. Laissez libre(s).
Et nos rapports au temps, à l’intime, à la complexité des vécus et de ses interprétations?

Suite à des études secondaires littéraires, elle a développé son envie de créer des images et de raconter des histoires à l’ERG, à Bruxelles.
Elle mêle les techniques : monotype, peinture à l’huile, et puis un peu de craies et des solvants.

Un jour, elle s’est réveillée. Elle pensait à ses carnets, tous pleins, enfermés, bien enfermés, dans une valise. Elle entendait certains lui demander ce qu’elle faisait, à quoi ça ressemblait, « oui mais concrètement »… Il fallait un temps pour tout, se disait-elle.

Echappatoires des nuages. Perchée, elle crée son monde à elle,
son univers. Sa popote. Elle connaît ses épices secrètes.
Parfois, elle se penche pour nourrir ses images. Voraces, de temps en temps, il n’y a pas assez de potage, elles crient, toutes à la fois, famine. Désespoirs, déroutes, douleurs.
Elle se souvient alors de ce qu’ils lui avaient dit. Et si elle ne se posait pas suffisamment de questions ? Elle hésite, elle doute, refait quelques pas vers eux. Ça s’agite. Ils se précipitent. Ils bredouillent un simili pourquoi du comment. Elle s’en balance, ses pieds ne touchent déjà plus le sol.
Elle se retire, prend du recul, elle ne foncera pas.
Cents vols tentent d’apprivoiser sa chaumière. Les arêtes des barrières.
De sa bulle obscure, elle perçoit mieux : lumières plus intenses, ombres mieux cernées, sentiments saturés de sensations.
Détails infimes qui déterminent.
Décrochage progressif des pantins. Demain ? Disparition des ogres et des princesses, abandon volontaire des chapardeurs. La berceuse capricieuse entonne quelques notes en sourdine. Elle trébuche, elle a bien entendu, sourire inconscient livré aux passants.
Pourront-ils s’en satisfaire ?

En 2010, elle a décidé d’ouvrir la malle et de laisser les curieux se nourrir. Julien Bertiaux de Young Graphic Designer - désormais Click Click Graphics - lui a créé un site Internet pour qu’elle puisse partager ses gribouillis.

Et puis, maintenant, elle attend, elle se dit qu’il y aura bien des réactions, des gentilles, des méchantes, des incohérentes, des drôles, des superflues… Elle les attend impatiemment parce que finalement, on est souvent bien seul(e) devant ses petits dessins et que recevoir des avis, quels qu’ils soient, ça ne peut permettre que d’aller de l’avant.

Alors, s’il vous plait, lancez-vous! Merci !

Aude Virgo
asaivi(at)hotmail.com